Danse Mon Image Dans Le Miroir

Noël. Le vent. Le froid. Les phares sur l’autoroute frénétique. Dans quelques temps des éclats de voix, une table dressée, le feu. Ca se presse et s’entrechoque, c’est des rires bruyants et la joie peut-être de se retrouver. As for the grandfather, gently holding your thigh, uttering words you’d never fancied in his mouth. Mais je le connais peu, je le sais bien. Il me dit nous nous connaissons peu. Je le sais. As for so many questions and answers. As for telling two years in a bunch of words. Je n’arrive pas à poser des questions. I can’t ask. Tout cela ne me regarde pas. Ce serait indiscret. Quelle étrange idée… Je m’imaginais que Dylan chantait “Stuck inside a mobile”, mais Mobile est une ville en Alabama, pas des planètes en rotation autour d’un fil de pêche. Cela ne change rien, je tourne sur moi même et les autres autour de moi me donnent le vertige. Je dois fixer mon regard. “Don’t forget the spot !”. Ou la chute. Suis je le seul pendu à un fil de pêche ? Au cours du repas viendra bien sûr le débat de société. Je n’écoute pas. Ou peu. Quelle est la solution ? Aucune idée, quel est le problème ? Je l’ignore, et ne suis pas le seul. Y compris parmi les voix les plus fortes. Mais j’ai les yeux dans le vague, et mon image danse. Danse mon image dans le miroir. Je m’épuise à tenter de la rattraper, mais elle a toujours un temps d’avance. C’est dangereux, je le sais : on ne doit pas se projeter. Notre place de ce côté-ci du miroir est acquise. Ne pas la perdre…

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Une larme a coulé, sur l’ivoire insensible. Éloigne tes amis, enfant, leur tristesse ne sauraient t’ouvrir l’inaccessible ; recueille plutôt dans tes mains tremblantes cette perle d’étoile ; précieusement, porte-là en pendentif, et jouit de la sentir lourde à ton cou.
Dans mille ans, ou à la mort des fantômes, les pattes d’oie plissées au coin de tes yeux charmants auront trouvé leur dureté de pierre. Il y va du bonheur ; il y va de l’espoir de n’être un jour qu’une mer, où le langage passe, impuissant, où les regards ne peuvent s’oublier.

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Vous N’oublierez Pas Le Beurre Mon Ami

Cette semaine, j’ai gravé une compilation pour mes nombreux trajets en voiture. Des morceaux pleins de “houuuu” et de “hooo”, aux mélodies impitoyables, que je ne peux écouter sans m’égosiller ou trépigner ou frissonner. Le genre de morceaux résolument ancrés dans une période de mon existence ; dans un an, je ne pourrai les écouter sans un sourire nostalgique ou incrédule – qu’est-ce que je pouvais bien leur trouver ?

En attendant, j’en suis si content que je vous fournis en exclusivité la tracklist. A écouter dans l’ordre si possible, car les enchaînements sont minutieusement calculés :

X – Artiste Titre (Album)

1 - The Wave Pictures Kiss Me (Instant Coffee Baby)
2 – Born Ruffians Barnacle Goose (Red, Yellow And Blue)
3 – Celebration Holiday (Celebration)
4 – Poni Hoax The Paper Bride (Images Of Sigrid)
5 – Tim Exile Don’t Think We’re One (Listening Tree)
6 – Parenthetical Girls Windmills Of Your Mind (Entanglements)
7 - Girls Ghost Mouth (Album)
8 – MGMT It’s Working (Congratulations)
9 – The Smiths What Difference Does It Make ? (The Smiths)
10 – Girls Lust For Life (Album)
(Je sais il y a deux Girls, je n’ai pu m’en empêcher…)
11 – Melt-Banana Lost Parts Stinging Me So Cold (Cell-Scape)
12 – Dominique A Pour La Peau (Auguri)
(Je suis particulièrement fier de cet enchaînement ; la suite de Melt-Banana n’était pas évidente à prendre.)
13 – Sixto Rodriguez Sugar Man (Cold Facts)
14 – Two Gallants Reflections Of The Marionette (Two Gallants)
15 – Jackson C. Franck My Name Is Carnival (Jackson C. Franck)
16 – ARLT La Rouille (La Langue)
(L’album est en commande, puisse-t-il être aussi beau que ce titre.)
17 – Sophie Hunger Monday’s Ghost (Monday’s Ghost)
18 – Emily Jane White The Cliff (Ode To Sentience)
19 – Julee Cruise Rockin’ Back Inside My Heart (Floating Into The Night)
(Aaah, Twin Peaks et ses amoureux transis…)

PS : Et pour cellezésseux qui veulent aussi chanter dans leur voiture, ou sous la douche, cliquez ICI



Et pour finir, toutes mes félicitations à Miss Elizabeth Bennett et Mr Darcy pour leur union des plus heureuses. Après tout ce que Mrs Austen leur fit subir, nul doute qu’ils sauront parfaitement goûter leur bonheur.

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De La Cohérence Inattendue De Mes Digressions Approximatives

A ma prof de danse contemporaine s’étonnant de mon aptitude à danser pendant une heure sans interruption ni lassitude sur n’importe quelle musique, je répondais : “La musique”. Ce qui, je vous le concède, est une réponse d’une rare pertinence. Prétendre que le moteur de la danse, son impulsion profonde, son insondable mystère réside dans la musique, voilà qui est vraiment bouleversant. Au lecteur se demandant où je puise une telle sagesse, je pourrai recommander de (re)lire le billet précédent. Aux autres, j’aurais aimé offrir une réponse riche de nombreuses heures de réflexion. Je n’en ai malheureusement pas de meilleure : Tout son plus ou moins rythmé a la capacité de me mettre en mouvement, et ce mouvement est la source d’une joie inépuisable. Voilà tout.

Bien sûr, cela pourrait avoir un rapport avec l’état quasi-extatique dans lequel je sombre aisément dans certaines conditions d’écoute (je ne parle pas de substances psychotropes, la musique suffit amplement). La musique peut me tirer entièrement hors de mon corps, comme ces romans captivants d’où l’on émerge au petit matin alors qu’il était prévu de se coucher tôt – à ce sujet ou à peu-près, parenthèse : (qu’il soit communément affirmé que la musique, ou la danse, ou je ne sais quel art voire artisanat, est un langage comprenant syntaxe ponctuation et tutti quanti ne me dérange aucunement lorsqu’il s’agit uniquement de signifier, par une analogie peut-être un peu rapée aux coudes, que tout cela est structure et articulations et mises en confrontation de particules élémentaires et tout et tout. En revanche, je m’oppose farouchement à ce que tout art non textuel soit affublé du masque grimaçant du SENS, parfois connu sous le sobriquet de “message de l’artiste”. Si l’artiste a une communication importante à faire sur la paix dans le monde ou la difficulté de vivre dans un monde si cruel, qu’il nous la communique et nous nous ferons un plaisir de la lire en place publique. Et coupons la langue à ces exégètes forgeurs de casseroles clinquantes. Fin de la parenthèse envahissante et hors-de-propos.), comme un rêve. Mais sans histoire. La musique pour moi ne raconte pas d’histoire, malgré sa linéarité forcée (introduction, développement, etc. puisqu’elle se déroule dans le temps). Elle dessine plutôt un espace mouvant – indépendamment de toute “spatialisation” du son par le biais de la technique. Décrire ces espaces tels qu’ils m’aparaissent ne pourrait mener qu’à d’encombrantes métaphores, et serait de surcroît en contradiction avec ma longue parenthèse supra : au lieu d’une réduction textuelle, une réduction visuelle, pas d’avantage souhaitable. Car je ne parle pas de synesthésie ; plutôt de ce qui se pourrait nommer “espace sonore” (à différencier également de la notion de soundscape). Constitué de contours vagues, de lignes, spirales, traces diffuses, nuages, etc., le tout évoluant dans un repère anti-cartésien, sans dimension. Tout cela est un peu ésotérique, je vous l’accorde – mais de manière plutôt inattendue et réjouissante, on pourra constater que de ce mystérieux espace sonore à la danse, il n’y a qu’un pas ou deux à franchir. En dansant, si possible.


Une bonne pioche cette semaine à la médiathèque : le premier album de Celebration. Aux premières écoutes, rien n’est resté que la voix du chanteur, formidablement versatile – qui s’avéra au final être une chanteuse. Et puis, tout s’articule : ces rythmes incompréhensibles et brutaux, ces sonorités criardes sont en réalité un immense terrain de jeu pour cette voix imprévisible, ses envolées inattendues, ses rugissements, ses murmures. A la trois ou quatrième écoute, une chanson s’impose à moi, “Holiday”. Moins chargée que les autres, au lyrisme plus prononcé, elle éclaire du coup le reste de l’album – qui m’est devenu indispensable. (L’album est par ailleurs produit par Dave Sitek, de TV On The Radio, aux deux premiers albums fort recommendables.)
Et puis à cet instant précis j’écoute Neu!. Que ceux qui ne connaissent pas encore rattrapent rapidement leur retard.

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Le Mythe De L’Eloquence

Plus je suis sensible à la beauté de l’éloquence, de ces discours acerbes ou gracieux, dont le sens déborde généreusement les contours discernables à l’œil nu, plus ma conversation semble s’appauvrir. “C’est devenu pour nous un besoin que nous ne pouvons satisfaire dans la réalité, d’entendre, dans les situations les plus difficiles, des hommes parler bien et tout au long.” Il peut s’agir de cela : à trop vivre dans les tournures élégantes des livres, les babillages du quotidiens me sont bien fades. Certainement, j’ai toujours eu l’esprit romanesque. Mais mon esprit s’encroûte. Est-ce l’effet de la solitude, ou bien de l’exaltation ? La fainéantise d’un jeune homme blasé ? Je tourne en rond, je ressasse, m’accroche à une idée ou un souvenir plaisant jusqu’à l’idiotie. Ces derniers temps, par exemple, toute conversation n’ayant pas trait, de près ou de loin, à la danse ou la musique, ou à mes lectures en cours – souvent en rapport avec l’une ou avec l’autre – me semble futile. Mes concessions – rares – à la sociabilité se bornent alors à des lieux communs hâtivement piochés dans mon cerveau apathique. On peut s’extasier des progrès réalisés depuis l’époque où la phrase la plus banale m’était difficile à articuler du moment que l’auditoire se composait de plus de deux personnes. On peut admirer cette réserve passant aisément pour une forme de sagesse. Je me désole quant à moi de mon incapacité à m’épandre indéfiniment sur le moindre sujet, comme savent le faire tant de gens de mon entourage. J’aimerais m’épandre, et le faire avec élégance. Si Proust ou Balzac ou Stendhal étaient encore en vie, je leur demanderais d’écrire ma prochaine vie.


L’album sans nom de Girls est des plus insidieux. A la première écoute il ne vous semblera qu’un de ces nombreux disques de pop sucrée qui sortent chaque année – ce qu’il est assurément, mais de manière terriblement addictive.

Et pour vous persuader que je ne passe pas mon temps à écouter en boucle le dernier – ou avant-dernier – album en vogue sur la blogothèque pop (enfin, pas tout mon temps), je vous dirai deux choses : je ne peux écouter le Te Deum d’Arvo Pärt sans chair-de-poule, et j’aime énormément le jeu de Deantoni Parks (entre autres) sur The Biggest Piano In Town, de Grand Pianoramax.

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Il Serait Temps De Se Recentrer

Et voilà ce qui rend sa perte inévitable.
Ma fille toute seule était plus redoutable.
Ton insolent amour, qui crois m’épouvanter,
Viens de hâter le coup que tu veux arrêter.


La révolution bourgeoise prend, au regard de la vie quotidienne, des allures de contre-révolution. Rarement, sur le marché des valeurs humaines, dans la conception de l’existence, pareille dévaluation fut à ce point ressentie. La promesse, – jetée comme un défi à l’univers, – d’instaurer le règne de la liberté et du bien être, rendait plus sensible encore la médiocrité d’une vie que l’aristocratie avait su enrichir de passions et d’aventures et qui, enfin accessible à tous, n’était plus guère qu’un palais loti en chambres de bonnes.


Empty your memory and listen to the fire around you. Don’t forget your memory, let it exist somewhere precious in all the colours that it needs but somewhere else, hoist your memory on the Ship of State like a pirate’s sail, and aim yourself at the tinkly present. Do you know how to do this ? Do you know how to see the akropolis like the Indians did who never even had one ? Fuck a saint, that’s how, find a little saint and fuck her over and over in some pleasant part of heaven, get right into her plastic altar, dwell in her silver medal, fuck her until she tinkles like a souvenir music box, [...]


Dans ce mouvement double, apparaîtront tierces et secondes “de passage”. La note finale devient importante parce qu’elle précise le mode utilisé ; et l’unisson final est souvent préparé par une seconde (majeure), seule “attraction de proximité” conservée, à cette époque “diatonique”, par la théorie des consonances.


Ce que nous savons de nous-mêmes et avons en mémoire n’est pas aussi décisif qu’on le croit pour le bonheur de notre vie. Un beau jour s’abat sur nous ce qu’autrui sait (ou croit savoir) de nous – et l’on s’avise alors que c’est cela qui est le plus puissant. On vient plus facilement à bout de sa mauvaise conscience que de sa mauvaise réputation.


Après quelques temps, on effectuera le battement soutenu devant et derrière en tournant la tête de côté vers le bras ouvert en deuxième position, et on la ramènera en position droite au moment où le pied se placera sur le cou-de-pied (lors du battement soutenu de côté, la tête reste droite).

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Encore Un Peu De Patience

Saluons, tête haute, ce son qui roule au loin. Il gronde tel un chant sur nos épaules frêles. D’écho en écho : l’homme.

Lui.

Le voilà, regardons-le ; il passe. Il est digne, et fier et beau – son regard percera nos cœurs endurcis.

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La Rancune

Certains signes ne trompent pas. Le lever du jour, ou la fleuraison des angoisses : j’en ferai des bouquets, pour apaiser l’amertume de vous savoir près de moi. Lorsque le temps sera reposé, et serein, j’irai les porter sur vos tombes fanées.

Il pleuvait en ce temps-là des pensées si légères que la nuit même ne parvenait à les obscurcir. Il y a des signes qui ne trompent pas. Le rugissement des bêtes, ou l’ivresse des incompris. Partez donc en quête de ma véritable nature : les yeux fermés, vous apercevriez bien une promesse ou deux. Pas plus. Les analphabètes seuls comprennent vraiment le dictionnaire.

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C’est Aussi Parfois Une Question De Temps

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Suis-je Vraiment Parti Ou N’Etais-je Pas Absent ?

Donc reprenons, sans transition si possible, ceux qui étaient absents hier se rattraperont sur leurs petits camarades.

Point. Ma première raison est étroitement liée au point précédent. On pourrait presque dire, si la rigueur la plus rigoureuse n’était la clef de voûte de notre petite assemblée, qu’elle est strictement identique. C’est à dire : si je n’ai pas écrit une seule ligne en un an (sur ce blog, et à peu de choses près ailleurs) c’est simplement parce que je n’avais rien à écrire. Ou plus exactement (la rigueur, ai-je dit) parce que je n’avais rien à écrire qui vaille la peine d’être écrit. J’aurais très bien pu vous décrire minutieusement la banquette que je viens d’acheter pour mon nouvel appartement, ou m’empêtrer dans l’exposé de mes états d’âmes les plus futiles, ou fournir un commentaire détaillé de chaque disque que j’écoute, chaque film que je vois, chaque livre que… De nombreux blogueurs le font, quelques-un(e)s parviennent même à rendre ces inventaires quotidiens drôles ou émouvants. D’autres écrivent des livres avec ce genre de matériau. Parfait. Très bien. Ce n’est pas ce dont j’ai envie. Je n’en serais d’ailleurs sûrement pas capable. Ce qui m’a poussé à ouvrir un blog, ce qui me poussait jadis à écrire, c’est le plaisir de se laisser emporter par les mots, les phrases, sans savoir où je vais. Cheminer, rêveur ou exalté, sur un sentier pavé par mes propres soins, vers des terres que je ne connaîtrai sans doute jamais, mais dont le parfum perçant à travers la brume suffit à m’enivrer.

Je crois avoir compris que certaines conditions sont nécessaires (pas toujours suffisantes) pour atteindre ce plaisir. Déjà, le sujet de départ, l’accroche, le seuil, doit porter en lui cette possibilité d’échappatoire, dès le début. Donc pas de banquette achetée chez But (pas pour moi, en tout cas). Pas de pseudo-critique artistique non plus, ou alors de manière à pouvoir en sortir, s’éloigner de l’objet décrit sans même s’en rendre compte. Ce qui demande de la part de celui-ci un certain potentiel, une certaine résonance. Ensuite il faut, bêtement, la dynamique, l’envie, l’inspiration, l’énergie, appelons cela comme ça ; ce qui met l’esprit en mouvement à partir de ce point de départ soigneusement choisi et plein de promesses. Sinon, ça donne la dizaine de commencements d’articles écrits depuis un an. D’un mot à deux ou trois phrases, pas plus.

Ce qui nous mène, de manière aussi inattendue qu’élégante, au deuxième point.

Point. Autre raison, et pas des moindres : je ne supportais plus de me lire. Tout ce que je tentais désespérément d’écrire me semblait plat, boursouflé, pompeux, ridiculement emphatique, etc., etc. Seuls de rares textes, plus ou moins anciens, étaient épargnés ; je me sentais bien incapable d’atteindre à nouveau cette (relative) qualité. Bon, pour être honnête, je pense que je suis simplement un peu plus lucide sur mon style que je trouvais si élégant. Ce n’est pas vraiment une mauvaise chose en soi – je réalise qu’il me reste encore quelque trucs à apprendre, je m’en félicite. Le problème serait que cela m’empêche d’écrire. Par exemple, cet article et celui d’hier : c’est plutôt mauvais, non ? Confus, chargé, j’ai l’impression d’avancer avec des blocs de béton au bout des indexs (tient, index est invariable ou Mr WordPress est trop anglophile pour savoir de quoi l’on cause. Non, la première solution. Bah, passons). Mais l’essentiel… et ça va vous paraître terriblement commun et plat comme remarque, à moi aussi, mais ça montre bien comme j’ai renoncé à la perfection ; mon prénom n’est pas Marcel, et j’aime beaucoup ma maman mais ça ne m’a jamais généré de terribles angoisses si jamais elle ne venait pas m’embrasser le soir – enfin je crois. Tant pis. L’essentiel, dis-je, est le grand plaisir que j’ai à voir s’additionner les lignes de texte sur mon écran, futilité après futilité. Le plaisir aussi, ne nous en cachons pas, d’imaginer un lecteur, réel ou imaginaire peu importe, prendre le temps de lire ces pavés indigestes. Prenons congé de ce point-ci sur cette belle conclusion, et dirigeons nous à pas feutrés en direction du troisième.

Point. Qui est assez mal placé, je trouve. Face à l’éloquence superbe du petit deux, celui-ci fait petit-bras. M’enfin passons – c’est bien l’imprévu que je cherche, non ? La troisième et dernière raison, si vous avez bien compté et que je n’ai oublié personne (pardon aux points que j’aurais pu oublier, vous savez très bien la place que vous tenez dans mon cœur, etc.) la voilà : pendant que la littérature tombait doucement en déshérence, il y en a une qui n’a pas perdu de temps ; et la musique a pris tout le mien. C’est idiot comme excuse me direz-vous :

“On peut très bien faire de l’équitation et aimer la corde à sauter.”

Ce qui est juste (“Ah !”) mais semble ne pas s’appliquer à mon cas (“Pfff… va donc, eh marginal !”). Je suppute – et je ne peux faire mieux – que la pratique et l’étude de la musique n’a pas occupé que mon temps, mais s’est également chargée de satisfaire à des besoins (le mot est fort, disons des désirs) autrefois du ressort de la littérature. L’exutoire, bien sûr, la nécessité d’évacuer par un moyen quelconque (mais agréable, et pourquoi pas joli) le bouillonnement intérieur lorsqu’il se fait trop envahissant. Mais aussi le plaisir purement ludique de jouer avec les formes, les structures. Tenter de s’approprier un ensemble de règles, comprendre les articulations, pour ensuite s’essayer à ses propres constructions. Si l’on s’aventurait dans une archéologie de ce plaisir à travers mon existence, on y retrouverait certainement les légos, ou (moins glamour, mais j’assume) l’algèbre et la programmation. Pense-bête : il me faudrait explorer tout cela un jour. Cela viendra peut-être avec une bafouille sur la musique, ce pourrait être sympa.

Bah voilà, j’imagine que c’est tout ce que j’avais à dire sur le sujet. La fin est abrupte, mais quand y en a pu’…

Allez, une petite conclusion tout de même à cette geste éprouvante :

Si ce que tu fais plaît à tes parents, alors c’est de la merde.


Dixit Vic Chesnutt (je crois). Sans commentaires.

Hop.



Voyant la bande-annonce, j’aurais pensé que Salt serait bien – au moins pour ceux qui apprécient les facéties de Jason Bourne. Mais non.

Pof.

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