1 juillet 2009...12:21

Il Gisait Dans La Neige

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Il s’allonge un instant – la chaleur contre lui
Il s’allonge.
Au loin, traversant les brumes hivernales, les cloches de la mélancolie sonnent pour lui un carillon fou. Le rendra fou.
Elles sonnent.
Ses yeux balayés par un vent brûlant, la douleur dans ses oreilles, il se lève. Tente de se lever. Esquisse un geste, ne peut pas : il pleure. Ses larmes en rigoles sur les draps tissés d’ennui.
Il pleure.
Sur le pas de la porte, sa patience étendue dans la neige. Encore un peu, la patience – puis s’endort. On peut lui dire, il le sait bien. L’entend : le bruit de ses pas dans l’oreille des passants.

Si le silence, enfin

Dans quelques temps ses ailes peut-être, comme un parachute usé. Plumes racornies, à travers quelques nuages. Il le craint et l’attend. Le ciel dessous ses yeux, cet attrait du vide. Attend la chaleur à ses côtés.
Dans son cœur, lourdement, l’empreinte des rôdeurs dessine un désert impitoyable. Son désert.

Si le silence, enfin

Si seulement

Quelques éternités d’impossibles, et puis
ce mouvement insensé, il ne sait pas.
Gonflé de courage, la chute des corps. Un corps dans le vide, des heures d’attente.

D’attente

D’at

ten

te

Alors elle arrive, lentement. Se penche. Pourra peser de tout son poids sur ses pauvres remords – il n’en a plus
Quelque part, les flocons.
Quelque part le printemps, inondant d’une douceur impie son corps déjà froid.

Elle s’étend il se lève, quelques pas.
Il en est là : au seuil, à l’extrême limite. Ne le sait pas.
Un pas, dans la neige.
Sous son manteau d’ivresse, la caresse des signes incompris.

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